Partir ou rester, tel est le dilemme des brokers FX basés en Suisse

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Ces derniers mois, nombreuses sont les plates-formes de trading basées en Suisse qui ont mis la clef sous la porte. Il faut dire que la nouvelle réglementation introduite en 2009 par la Finma contraint les sociétés de courtage de devises à déposer une demande de licence bancaire ou à... quitter la Suisse ! Depuis la liquidation retentissante du broker suisse Crown Forex, impliqué dans une affaire de fraude, l'autorité de régulation helvétique oblige en effet les brokers FX à posséder une licence bancaire. Il s'agit surtout de protéger les traders contre le risque de faillite de certains brokers qui misaient gros sur le FX sans capitaux suffisants, usant simplement d'un effet de levier élevé (Forex.fr).

Résultat des courses : alors que fin 2008 la Suisse comptait une vingtaine de plates-formes de trading, elle n'en compte aujourd'hui plus que deux : MIG Bank, qui emploie près de 100 collaborateurs à Neuchâtel, et Dukascopy, basée à Genève. ACM, élu meilleur broker suisse de l'année 2010 par les World Finance Banking Awards, pourrait bientôt venir compléter la liste, puisqu'il a récemment déposé une demande de licence.

La réglementation impose de posséder des capitaux plus importants et de mettre en place des systèmes de protection au niveau des salles de marché, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Les banques qui disposent d'une technologie suffisamment élaborée pour faire du négoce de devises en ligne sont rares. Cette technologie représente de très gros investissements. En ce qui nous concerne, nous disposons d'une cinquantaine d'informaticiens (à Genève et à Riga) et tous les trois mois, nous procédons à des remaniements/améliorations de notre plate-forme. Tous les six mois, nous changeons pratiquement toute la technologie interne à la plateforme , explique Alain Broyon, CEO de Dukascopy (Banque & Finance).

Partir vers d'autres cieux...

La majorité des brokers ont donc décampé vers... Chypre. Là-bas, la législation y est beaucoup plus souple et permet de bénéficier d'exemptions de taxes, tout en restant dans l'UE. Certains ont carrément décidé de scinder leurs activités en deux, comme Realtime Forex (RTFX), pionnier du courtage en ligne sur devises en Europe et le premier à avoir opéré en Suisse dès février 2000. L'activité de développement informatique restera à Genève et continuera d'employer une vingtaine de personnes. Elle poursuivra la programmation et la maintenance de ses logiciels de trading. L'activité de courtage sera relocalisée en Europe sur une société financière qui a installé son siège à Malte , indique la direction du groupe dans un communiqué adressé à ses clients. Cette expansion ouvrira également de nouveaux horizons à nos nombreux collaborateurs . En clair, cela signifie que les employés devront faire leurs valises pour Chypre. Ni plus ni moins.

Autre exemple : SaxoBank, qui avait pourtant obtenu la fameuse licence bancaire en rachetant SynthesisBank, a fermé fin 2009 ses bureaux à Genève. Imposer aux brokers Forex d'obtenir une licence bancaire peut paraître une bonne chose, surtout si on se réfère aux affaires financières des deux dernières années. Une banque est régulée. Par contre, les banques dites d'investissement, telles que SaxoBank, n'ont pas grand-chose d'une banque telle que le particulier peut l'entendre. Inutile d'ouvrir un compte dans ces banques, d'aller y déposer votre salaire. Il finira de manière habituelle chez UBS ou toute autre vraie banque , note un spécialiste du marché des changes.

Qu'importe : l'assujettissement des négociants en devises aura pour effet d'accroître la protection des clients dans ce secteur et, par effet de ricochet, d'améliorer la réputation et l'attrait de la place financière suisse , note la Commission fédérale des banques (CFB). Ce qui n'est pas un vain mot puisque d'après le dernier rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI) publié début septembre, le recul du trading sur le marché des changes s'est accentué pour la Suisse, qui a perdu sa quatrième place au profit de Singapour.

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