Les candidats français trop arrogants dans leur recherche d’emploi en finance ?

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Arrogant businessman Stock Photo - FAN2021371

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« Nous devons faire attention à ne pas être trop arrogants, ce qui est une tendance que les Français peuvent parfois avoir », expliquait récemment François Holllande dans une interview au magazine allemand Der Spiegel. Cette remarque vaut-elle pour les candidats que vous êtes ? Les recruteurs en finance semblent en tout cas être unanimes sur la mauvaise réputation du Français en la matière.

« Souvent perçu comme arrogant, il est doté d’une intelligence des situations qui l’amène à critiquer, à remettre en question et à challenger. De l’extérieur, il passe pour un empêcheur de tourner en rond, ce qui ne facilite pas son intégration aux autres cultures. Le cercle s’avère vicieux : déprécié, le Français se montre encore plus frileux à s’ouvrir à ces cultures qui le "rejettent", au lieu de montrer à quel point cette supposée arrogance peut être constructive », explique Antoine Morgaut, CEO Europe Continentale et Amérique du Sud chez Robert Walters, qui pointe également le manque d’ouverture, le sédentarisme et le chauvinisme des cadres français qui postulent à l’étranger, entraînent des conséquences dramatiques sur leur employabilité. Et la remarque ne vaut pas que pour les destinations exotiques. « A Genève, les Français peinent parfois à s’intégrer, semble-t-il par excès d’arrogance », relève Odile Couvert, co-fondatrice du bureau de Amadeo Executive Search à Paris.

Dès l’entretien d’embauche, certains candidats ont tendance à se croire au dessus de la mêlée, et pour cause. Tout au long de leur formation, les diplômés des grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce sont sujets à un bourrage de crâne leur faisant croire qu’ils seront l’élite de la nation et qu’en dehors de leurs compétences, il n’y a point de salut pour les entreprises qui les embauchent. Un phénomène propre à l’Hexagone, au point de se demander s’il faut avoir fait HEC pour faire partie de la crème des banquiers d’affaires ?

Le banquier arrogant : mythe ou réalité ?

A l’arrogance du Français vient souvent s’ajouter celle du banquier. « En tant que banquier, ne vous attendez pas à ce que le grand public ou que les politiques comprennent, tolèrent, oublient ou pardonnent votre arrogance, surtout si vous faites plus d’argent que les meilleurs d’entre eux », explique un professionnel du middle-office. Bref, un cocktail explosif qui ne se manifeste pas seulement pendant le processus de recrutement mais également sur le lieu de travail. Ceci est particulièrement vrai dans les salles de marché.

« Ayant eu une longue expérience professionnelle dans la fonction financière dans différentes banques d’investissement, je peux dire sans me tromper que les banquiers du front-office ne sont pas toujours très agréables : j’ai reçu des menaces de violence, j’ai été humilié et je me suis fait crier dessus à de nombreuses occasions », poursuit notre middle-officer, qui avance plusieurs raisons pour justifier cette arrogance : jeunesse et inexpérience, réussite, peur ou bien encore trop grande ambition.

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