Les métiers du contrôle ont-ils été suffisamment renforcés dans les banques françaises quatre ans après l’affaire Kerviel ?

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C’est à la fin de cette semaine, le 28 juin, que le procès en appel de Jérôme Kerviel contre la Société Générale doit se terminer. La décision finale sera probablement rendue à la rentrée. L’ex-trader de la SocGen risque gros puisqu’il a été déclaré coupable d’abus de confiance, de faux et usage de faux et d’introduction frauduleuse de données dans un système informatique, et condamné en première instance en 2010 à cinq ans de prison dont trois ferme et à 4,9 milliards de dommages et intérêts, pour une perte du même montant subie en janvier 2008 par la Société Générale.

Mais au-delà du verdict, ce qui intéresse bon nombre de professionnels de la finance est de savoir si la Société Générale en particulier et les banques françaises en général vont encore recruter des contrôleurs, inspecteurs et autres spécialistes des risques dans les mois et les années à venir ? Car lors de son premier jugement, le tribunal lui-même avait souligné l’insuffisance des contrôles internes de la Société Générale. Il faut dire qu’en 2009, le comité central d’entreprise de la banque avait commandé un audit auprès du cabinet Technologia qui révélait alors qu’elle n’était « pas à l’abri d’une nouvelle affaire Kerviel » et que près d’un tiers des traders qui agissaient à la limite des règles déontologiques n’étaient pas sanctionnés.

Des mesures suffisantes ?

Depuis, les années ont passé et la banque au logo rouge et noir semble avoir pris les mesures qui s’imposaient. À commencer par le renforcement des contrôles informatiques (gestion des identifiants et des droits d’accès, sécurisation des applications et des données) dans lequel la SocGen aurait déjà investi 74 millions d’euros (Le Parisien.fr). À cela viennent s’ajouter des recrutements massifs d’inspecteurs et la mobilisation de 200 collaborateurs sur le programme de renforcement des contrôles opérationnels (Fighting Back) et de son suivi. Enfin, 8 200 collaborateurs ont été formés au risque de fraude. Sans oublier des mesures plus symboliques, comme la nomination d’un directeur financier à la tête de ses activités BFI.

Les autres banques françaises ne sont pas restées inactives, loin s’en faut. Crédit Agricole a mis en place un contrôle quotidien des traders en opérations de couverture. Chez BPCE, les équipes de surveillance et de contrôle des risques ont été multipliées par deux depuis cinq ans. Quant à BNP Paribas, elle a notamment mis en place une risk academy pour former en continu tous les collaborateurs sur la gestion des risques. Reste à savoir si toutes ces mesures seront suffisantes…

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