Paris a encore du chemin à parcourir pour attirer les professionnels de la compensation de produits dérivés

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Il est temps que Paris devienne une plaque tournante des marchés de capitaux européens. Tel est en substance le message du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui a déclaré ce vendredi à Paris lors de la conférence annuelle de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) que la capitale française devrait être le centre post-brexit de la compensation des produits dérivés sur les taux d’intérêt, rapporte Bloomberg.

Les chambres de compensation du Royaume-Uni ont un « monopole virtuel » sur ce business lucratif, et « une concurrence accrue est absolument nécessaire », a-t-il poursuivi. Actuellement la prédominance du clearing dans la compensation des euro-dérivés est assurée par une seule entreprise britannique - LCH Ltd., une division du London Stock Exchange. La seule véritable alternative est aujourd'hui Eurex, filiale de Deutsche Börse.

Des atouts biens réels

D'où la volonté de voir se développer à Paris une offre de services de compensation améliorée et étendue dans le domaine des dérivés de taux d'intérêt. Aux dires du gouverneur de la Banque de France, Paris dispose de tous les atouts pour devenir le ‘hub marché’ de cette nouvelle constellation européenne. Après tout, Paris a bien réussi à faire venir récemment des infrastructures de marché.

Un constat partagé sur le terrain par bon nombre de professionnels de la finance. D'après eux, un facteur important qui pourrait faire pencher la balance en faveur de Paris est « la sophistication des régulateurs français qui ont longtemps supervisé les opérations complexes de trading et de dérivés de BNP Paribas et Société Générale ».

D'ores et déjà, au début de l’année prochaine, LSE centralisera les contrats de financement à court terme (contrats de rachat) dans son unité française LCH SA. Mais il en faudra plus pour que la place financière de Paris attire les professionnels de la compensation de produits dérivés, surtout qu'elle doit compter avec la concurrence de Francfort.

Francfort en embuscade

L'un des domaines où Francfort entend tirer son épingle du jeu est la compensation. Eurex Clearing, la chambre de compensation de la Bourse de Francfort, souhaite ainsi rivaliser avec la chambre britannique LCH qui domine actuellement très largement le marché.

Certaines banques qui comme Standard Chartered ont décidé de renforcer leurs effectifs à Paris n'entendent pas quitter la capitale économique allemande. « Le plus évident est, à ce stade, de consolider notre centre de Francfort dans la mesure où les activités de clearing euro pour le groupe y sont logées depuis des années », a jadis précisé son directeur général Bill Winters.

Cela dit, les transferts d'activités de clearing depuis Londres ne sont pas toujours synonymes de créations d'emplois. Si Deutsche Bank effectue désormais la moitié de sa compensation de dérivés en euro depuis Francfort, « c'est toujours la même personne basée à Londres qui réalise la compensation de la transaction. Nous avons juste recours à une autre chambre de compensation », a ainsi déclaré Stefan Hoopsle, responsable de la trésorerie et des clients institutionnels de Deutsche Bank. De quoi relativiser le retard accumulé par Paris.

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Credit photo : SerrNovik / gettyimages

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