Ce n’est pas le bon moment d’avoir un gros salaire en banque d'investissement

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Ce n’est pas le bon moment d’avoir un gros salaire en banque d'investissement

Gagnez-vous plus de 300 k$ de salaire en travaillant pour une grande banque d’investissement ? Avez-vous un train de vie somptueux ? Une grosse hypothèque ? Et l’impression que cela va continuer à perpétuité ?

Les résultats du troisième trimestre des banques d'investissement devraient vous réveiller !

En ce moment, la banque d'investissement n'est pas un secteur en croissance. C'est une industrie en déclin. À l'exception de Citi, de JPMorgan et de BofA, les revenus et les bénéfices de toutes les banques se sont contractés au troisième trimestre. Et à l’exception de Citi seulement, les revenus et les bénéfices ont diminué partout au cours des neuf premiers mois de cette année.

Dans la plupart des cas, à l'exception de Citi, les bénéfices ont chuté plus rapidement que les revenus en 2019. Les marges s'érodent. Et, après des années de débat sur les rendements supérieurs des investisseurs et l'augmentation du rendement des capitaux propres (RoE), les actionnaires se font presser. Le RoE de Goldman Sachs est passé de 13,8% au troisième trimestre 2019 à 9% au dernier trimestre. Dans la banque d’investissement d’UBS, il est passé de 15,3% à 6,6%.

Il y a de bonnes raisons à cela. Jusqu'à présent cette année, par exemple, Goldman Sachs a investi 450 M$ dans des projets tels que Marcus, Apple Card et le transaction banking, qui devraient tous améliorer le RoE à l'avenir. UBS a connu un bon trimestre l’an dernier et réorganise ses activités et investit dans la ‘transformation numérique’. Cependant, le fait que le phénomène touche l'ensemble du secteur montre un malaise plus large et plus systémique.

La nouvelle donne n’est pas passée inaperçue auprès de celui qui est devenu la bête noire des patrons de banque partout dans le monde, à savoir Mike Mayo, responsable de la recherche sur les banques U.S. large-cap chez Wells Fargo. La semaine dernière, il a sermonné le CEO de Morgan Stanley, James Gorman, sur le médiocre troisième trimestre de la banque, lui demandant s’il était confiant sur le fait que les revenus augmenteraient plus vite que les dépenses. Idem pour le CEO de Citi, Mike Corbat, qui s’est vu demander par Mike Mayo ce qu’il avait l’intention de faire à propos du rendement global moyen sur capitaux propres des actionnaires ordinaires toujours inférieur à celui du marché alors que la restructuration de Citi a eu lieu il y a plus de deux ans.

Les observations de Mayo ont manifestement énervé les deux CEO. « Vous avez raison », a répondu Corbat, ajoutant que son directeur financier et lui-même étaient des « compétiteurs totalement concentrés sur cela ». Gorman a quant à lui répliqué : « Si nous sommes dans une activité où nous augmentons les dépenses plus rapidement que les revenus à long-terme, nous ne ferons pas de bonnes affaires ». Morgan Stanley "cherche pointilleusement" à faire en sorte que les revenus augmentent plus vite que les coûts, a assuré Gorman à l’analyste.

Fondamentalement, c'est un sujet délicat.

La plupart des banques européennes n'ont pas encore communiqué leurs résultats pour le troisième trimestre (attendus la semaine prochaine), mais comme le montrent les graphiques ci-dessous, les coûts sont le problème numéro un en ce début de la dernière ligne droite 2019. Chaque banque investit dans la technologie. Et toutes les banques soulignent l’importance d’investir dans l’infrastructure de trading électronique si elles veulent avoir l’espoir de rester dans le jeu.

Dans les circonstances, si vous touchez un salaire élevé dans une activité statique, vous vous apercevrez qu’il est temps de partir car un coût fixe élevé présente de gros risques.

UBS adopte cette approche. Ce mardi, son CEO Sergio Ermotti a annoncé son intention d'extraire régulièrement 100 MCHF de coûts de la banque d'investissement, dont le plus gros viendra des effectifs. Et la plupart des effectifs supprimés seront des cadres seniors. Les preneurs de risques importants chez UBS ont perçu des salaires et des bonus combinés de 1,8 M$ l’an dernier (et des salaires de 618 kCHF seulement). Au moins 50 d’entre eux sont susceptibles de prendre la porte.

Surtout, UBS n'est pas la seule banque qui taille ses hauts revenus. HSBC fait de même et Goldman Sachs s'est séparé de nombreux partners. Un salaire qui se décompose à six chiffres ou plus est une bonne chose. C'est également une proie facile quand les banques tentent de surmonter leurs problèmes.

Croissance des revenus et des bénéfices au troisième trimestre

Croissance des revenus et des bénéfices au cours des neuf premiers mois

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