« Mieux vaut ne pas avoir trop de quants français »

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« Mieux vaut ne pas avoir trop de quants français »

Si les Français travaillant dans la banque sont connus pour une chose, c’est bien pour leurs compétences exceptionnelles en mathématiques. Les banques du monde entier regorgent de diplômés du Master – Quantitative Economics de l’Université Paris Dauphine - PSL, dont beaucoup sont par ailleurs d’anciens élèves de la célèbre Nicole El Karoui. Sam Wisnia, ex-strat de Goldman Sachs à l’origine du nouveau moteur de pricing de Deutsche Bank et qui officie maintenant chez Eisler Capital, en est un bon exemple.

Néanmoins, certains quants français laissent entendre que leurs compatriotes ont aussi quelques limites. « Les Français sont connus, à juste titre, pour être de bons quants, » confie l’un d’entre eux, passé par plusieurs banques des deux côtés de l’Atlantique. « Mais il y aussi des Russes, des Chinois, des Américains et beaucoup d’Allemands très bons dans ce domaine. En fin de compte, mieux vaut ne pas avoir trop de quants français. »

D’après lui, la force particulière des français réside dans leurs bases solides dans la plupart des aspects des mathématiques, sans qu’ils soient pour autant experts dans un « domaine précis et circonscrit. » « Recruter un Français vous apporte un élément avec des base solides en mathématiques. »

Cela dit, sur les marchés d’aujourd’hui dominés par les données, il indique que les quants français ne suffisent pas : « il faut pouvoir les associer à des titulaires de doctorat, l’un en programmation neurolinguistique et un autre en optimisation. »

Ce quant français en poste à New York raconte avoir trouvé le niveau de mathématiques élevé lors de ses études en France, mais avoir manqué des compétences métier que les autres nationalités associaient à leurs connaissances en mathématiques. Les universités américaines sont d’ailleurs, selon lui, beaucoup plus proactives pour trouver les jobs correspondant à leurs étudiants.

Un professionnel de la finance de longue date, diplômé en mathématiques d’une Grande Ecole, confie que les quants français sont toujours recherchés par les banques dans le monde entier. « Le nom d’une Grande Ecole sur un CV reste un atout, » dit-il.

Pourtant, lui aussi considère que le niveau des mathématiciens issus du système éducatif français est en baisse depuis la réforme des programmes dans les classes scientifiques du secondaire il y a quelques années. « La nouvelle génération n’est clairement pas aussi bonne que les précédentes, » dit-il – même si son jugement peut être partial.

Crédit photo : Camilla Frederiksen sur Unsplash 

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