Ce que j’ai appris de mon burn-out quand j’étais jeune consultante

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Ce que j’ai appris de mon burn-out quand j’étais jeune consultante

J’avais autour de 25 ans quand j’ai appris que le burn-out était une sorte de bénédiction déguisée. C’est une expérience horrible et déprimante que je ne souhaite à personne. Jamais. Pourtant, avec le recul, c’était presque nécessaire pour m’enseigner quelques leçons salutaires sur le plan personnel comme professionnel.

Commençons par le commencement : un burn-out ne ressemble jamais à un autre. Le burn-out se produit pour diverses raisons. Il y a différentes causes. Mais il y a des modèles. Le principe dominant est la perte de contrôle : le contrôle de votre temps et de votre vie. Une liste de tâches à effectuer qui s’allonge à n’en plus finir, la motivation au plus bas pour faire le nécessaire, les courriels qui s’empilent, la moindre tâche qui demande un effort disproportionné, tout cela alors que la pile de linge commence à ressembler à l’Everest, que les assiettes s’empilent sur les restes (enfin seulement si vous prenez encore la peine de cuisiner ou celle de manger vos plats préparés dans une assiette) et la dernière fois que vous avez pris une douche c’était… euh, j’ai oublié. C’est comme si les éléments matériels qui vous entourent s’alliaient pour faire naître un raz de marée autour de vous, prêt à vous engloutir à tout moment.

Alors que la perte de contrôle constitue le modèle sous-jacent du burn-out, le rétablissement correspond à la reprise du contrôle.

  1. Stop

Avertissement : tout le monde n’a pas besoin d’arrêter de travailler. La bonne nouvelle, c’est que pouvez passer aux leçons 2 et 3 sans arrêter de travailler si vous êtes dans la certitude absolue et estimez que ce n’est pas pertinent dans votre cas. Vous pouvez donc passer directement à l’étape suivante.

Et si ce n’était pas forcément le bon moment pour faire une pause ? J’y ai réfléchi plusieurs semaines avant de me lancer. Mon problème se résumait ainsi :

  • si le travail est la seule raison qui me fait me lever le matin, qu’est-ce qui va arriver si je l’élimine ?
  • il va se passer trop de choses quand je serai loin du bureau et je ne pourrai pas tout rattraper ;
  • est-ce que je vais passer à côté d’une promotion ?

Mais le vrai gros souci dans toutes ces questions, c’était en fait : que vais-je faire de mes journées ? Comme tout un chacun qui aime son travail, la perspective de trois semaines de néant m’effrayait. Je pense que si quelqu’un vous dit qu’un congé constitue l’option la plus simple, c’est faux.

Cela dit, j’en étais à un point où je n’étais plus capable de fonctionner, et bien qu’étant toujours physiquement au travail, je n’étais plus d’une grande utilité à l’équipe. J’ai donc décidé de prendre du temps, même si je n’avais pas encore vraiment répondu aux questions posées plus haut. Quand j’ai fermé mon ordinateur portable pour la dernière fois ce fameux soir, je me suis assise par terre et j’ai pleuré. Ce n’est pas facile d’arrêter mais c’est parfois nécessaire ; n’ayez pas peur d’explorer cette option.

  1. Les bonnes fées du burn-out n’existent pas

Bien, disons que vous êtes descendu du tapis de course et que vous êtes d’attaque pour vaincre ce foutu burn-out ! On vous a peut-être dit que vous en faisiez trop et que vous aviez juste besoin de lever le pied ? C’est probablement vrai, mais il n’y a pas de bonne fée du burn-out, prête à venir vaporiser un remède miracle sur votre déjeuner pendant que vous regardez Netflix.

Il n’y a pas de solution rapide au burn-out. En fait, c’est un peu comme un incendie physique : descendre du tapis de course vous permet de sortir des flammes, mais ensuite, il faut effacer les marques de brûlures. Et comment ? Pour moi, cela a commencé par la lecture. J’ai lu des quantités de livres, mais celui qui est sorti du lot a été ‘L’art subtil de s’en foutre’ de Mark Manson.

Cela m’a fait réfléchir à la notion de valeurs – en d’autres termes ce qui vous tire vraiment du lit le matin. Je n’ai pas honte d’admettre qu’avant ce burn-out, mes valeurs étaient centrées sur des choses purement matérielles : décrocher une promotion, gagner X milliers d’euros par an, acheter un vélo Canyon (si vous faites du vélo, cela vous parlera 😉), etc. Du fait que mes valeurs reposaient sur l’aspect matériel, je définissais mes priorités pour « accumuler » et me demandais ensuite pourquoi cela ne m’apaisait que cinq minutes. Ce livre m’a aidé à prendre conscience que connecter ses motivations à des choses susceptibles d’être influencées de manière disproportionnée par des événements que l’on ne contrôle pas n’a rien d’épanouissant.

Ecrivez tout ce que vous voulez avoir (il n’y a pas de problème en soi à vouloir amasser), puis demandez-vous : « et quand j’aurai tout ça, il se passera quoi ? » ; cela vous aidera à découvrir ce qui vous motive vraiment et qui nous mène au principe suivant : le travail utile.

Et qu’est-ce vraiment que le ‘travail utile’ ? Pour faire court, c’est tout ce qui contribue à satisfaire vos valeurs. Par exemple : faire du baby-sitting pour une de vos amies afin qu’elle puisse participer à un cours de spinning et atteindre son objectif d’être en meilleure forme, voilà un travail utile ; ou encore, contacter un client qui offre une perspective rémunératrice m’aidera à atteindre mon objectif de contribuer à la croissance de ma boîte, cela aussi c’est un travail utile.

  1. C’est vous le boss

Comprendre la notion de travail utile nous aide à identifier les limites ; la phase suivante consiste à les mettre en place. Vous n’êtes peut-être pas votre propre boss sur le papier, mais vous êtes bien celui de ‘Moi S. A.’. Vous pouvez très bien n’être qu’un simple employé et en même temps le boss de vos limites, quel que soit votre niveau dans la hiérarchie.

Regardez comment l’élimination ou l’automatisation des éléments de votre rôle que vous trouvez inutiles booste votre productivité, et celle de votre équipe tout entière. Montrez comment les choses que vous trouvez utiles constituent des valeurs en phase avec les objectifs de votre entreprise.

L’idée est qu’en réduisant naturellement la part du travail inutile dans votre journée, vous produirez plus de valeur ajoutée en moins de temps, et vous serez ainsi en mesure de réduire aussi votre durée de travail. Je ne parle pas ici de temps partiel, mais bien de faire passer votre journée de travail de douze à huit heures.

La bonne nouvelle en revanche, c’est que vous n’avez pas besoin d’attendre le burn-out total, ni d’ailleurs le moindre burn-out, pour changer les choses. Ce n’est pas facile. Dans un monde qui fonctionne suivant la perception « très occupé + gros volume de travail = élément productif », la simple perspective de ces changements, et plus encore de leur mise en œuvre, peut mettre mal à l’aise. Mais dans un monde où 75% des gens avouent ressentir les symptômes d’un burn-out, voulez-vous vraiment suivre docilement les moutons du troupeau ?

L’auteure travaille pour un grand cabinet de conseil. Une version de cet article a été publiée récemment sur son blog ‘Today Years Old.’

Crédit photo : Jp Valery sur Unsplash 

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