Les dirigeants de banques sont-ils trop bien payés ?
Le tabou qui, en France, entoure les niveaux de rémunération des patrons ne facilite pas la transparence. Sous couvert d'anonymat, des recruteurs confient leurs impressions...
Le dirigeant de banque est facilement révocable, si bien que sa rémunération doit tenir compte de cette précarité , explique le consultant senior d'un cabinet de recrutement parisien, avant d'ajouter aussitôt : ce qui me choque, ce sont les golden parachutes dont bénéficient certains patrons et qui ne sont pas du tout corrélés aux performances de leur établissement .
C'est bien là que se trouve le cceur du problème : les salaires des dirigeants sont surtout décriés lorsque leur banque licencie massivement. A contrario, si la banque affiche une bonne santé financière, ce qui fut le cas de la Deutsche Bank l'an dernier, alors les critiques disparaissent, comme on a pu le constater pour son président Josef Ackermann dont la prime principale (8 millions d'euros) conditionnée aux résultats n'a pas provoqué de remous.
Des habitudes bien installées
Les pratiques actuelles ne sont pas prêtes d'évoluer si l'on considère qu'en 2006, les salaires annuels des patrons de banque français s'élevaient à quelques millions d'euros quand, dans le même temps, leurs homologues américains battaient tous les records : les patrons de Goldman Sachs et Merrill Lynch ont ainsi encaissé 40 millions d'euros chacun, devant les dirigeants européens (Credit Suisse, UBS,...), qui se situent dans la fourchette des 15 millions d'euros.
Si dans certains pays comme l'Allemagne, la publication de la rémunération individuelle des patrons est désormais rendue obligatoire, rien de tel dans l'Hexagone. Et les mentalités ne devraient pas changer de sitôt, de l'avis d'un chasseur de tête : Même s'il arrive que certains montants de bonus circulent, l'argent reste un sujet tabou et le monde calfeutré de la finance ne facilite en rien la transparence dans ce domaine .