Les agences de notation financières sous pression
Celles que l'on surnomme les Big 3 - Standard & Poor's, Moody's et Fitch Ratings - ont dû procéder à des plans de licenciements après leurs résultats décevants dans l'activité finance structurée. Sur le premier semestre 2008, Moody's a ainsi annoncé la suppression de 275 postes, et Standard & Poor's de près de 1 000 postes dans le monde (surtout aux États-Unis). Qu'en est-il dans l'Hexagone, où leurs effectifs tournent autour d'une cinquantaine de personnes chacune ?
À ma connaissance, il n'y a pas eu beaucoup de licenciements à déplorer au sein des équipes des agences de notation financières basées en France, relève Johan Brucale, directeur de la division Financial Services chez Michael Page Executive Search. Les recrutements se font rares et concernent surtout des analystes seniors avec des expertises précises. Les profils recherchés sont très variés puisqu'il y a autant d'analystes que de produits : notations de titrisation, corporates, souverains, recherche...
De nouveaux défis avec la réforme de la réglementation européenne
Dans le nouveau projet de réglementation européenne, les agences de notation financières ne pourront plus fournir de services de conseil (pour éviter les conflits d'intérêts), devront mettre en place un système de contrôle interne de la qualité de leurs notations, tandis que leur conseil d'administration sera composé d'au moins un spécialiste de la titrisation et du crédit structuré (Newsmanagers). Finie donc l'époque où les analystes accordaient des triple A à des produits financiers complexes qu'ils avaient tout juste parcourus, faussant ainsi le marché.
Les Big 3 devront aussi faire face à l'arrivée d'un nouveau concurrent : la Coface. La filiale de Natixis vise notamment les PME avec un rating qui se veut plus fiable et moins coûteux, en faisant appel à des individus expérimentés, des experts Coface souscripteurs en assurance-crédit ayant une culture du risque certaine , rappelle son directeur général Jérôme Cazes.
Une fois la confiance restaurée, les agences de notation pourront de nouveau attirer les talents, d'autant que la profession a ses avantages. Les salaires sont plutôt élevés, avec un bonus pouvant aller jusqu'à 30 % du fixe. Généralement, les évolutions de carrière se font vers des postes d'encadrement, vers l'international, mais aussi vers des fonctions d'économistes ou de purs analystes financiers en banque, en assurance ou chez les corporates , conclut Johan Brucale.