Credit Agricole ne maîtrise pas ses coûts
Ne nous méprenez pas : Credit Agricole a signé un bon troisième trimestre à 742 millions d'euros, résultat supérieur aux attentes des analystes, et multiplié par 2,6 sur un an.
Toutes les activités connaissent des revenus en hausse sur les neuf premiers mois de l'année : LCL (+3%), Caisses régionales (+4%), Banque de détail à l'international (+3,7%), Services financiers spécialisés (+8,9%), Gestions d'actifs, assurance et banque privée (+13,6 %).
Toutes, à l'exception de la BFI dont les revenus des activités pérennes reculent de 12%. Mais, au regard de ces concurrentes, cela reste plutôt honorable. La baisse est mieux amortie que pour la plupart des banques d'investissement et notamment françaises (-16% chez BNP et -30% chez SG).
La banque de détail en vedette
Conséquence vertueuse : sur les neuf premiers mois, le bénéfice s'établit à 1,6 milliard d'euros, soit plus de 2 fois le chiffre réalisé sur la même période l'an passé. Cela reste cependant bien en-deçà de ses rivales françaises (6,3 pour BNPP et 3 milliards d'euros pour Natixis). Ou devrait-on dire ex-concurrentes car le poids de la banque de détail y chez elle de plus en plus prépondérant. Sur neuf mois, cette activité en France uniquement génère 77% des bénéfices. Quand la division CIB contribue à 44% du résultat d'exploitation de Société Générale et 40% chez BNPP, CACIB limite quant à elle cet apport à 34%.
L'évolution des performances de sa BFI est par ailleurs en léger décalage avec à ses pairs : CACIB parvient à augmenter légèrement ses revenus dans le fixed income sur le trimestre de 361 à 369 millions d'euros (contre -4% chez BNP, -2% chez SG), mais accuse une baisse de 12% sur les actions quand BNP enregistre une hausse de +95% et SG de +79%.
des opérations de restructurations dans plusieurs métiers
Credit Agricole est aussi la banque française qui a eu le plus de mal à maîtriser ses charges au sein de sa BFI:sur les neuf premiers mois de l'année, celles-ci sont en hausse de plus de 9% contre +7% chez SG et +1,3% chez BNPP. Son coefficient d'exploitation bondi de 50,7% à 58,6% sur un an, désormais le plus haut parmi les BFI françaises (52,5% chez BNPP ; 57%, chez Natixis, 58,1% chez SG).
Sur l'ensemble du groupe, les charges sont aussi en forte hausse sur neuf mois (+8,3%) et sur le trimestre (+4,7%), Casa évoquant des opérations de restructurations dans plusieurs métiers et la comptabilisation de charges exceptionnelles sans donner plus de détail.