Genève, terre d'accueil des traders cocaïnomanes ?
On connaissait la Suisse pour ses cures thermales, mais une clientèle d'un nouveau genre est en train de faire son apparition sur le sol helvétique : des professionnels de la finance qui viennent se faire soigner pour leur dépendance à la cocaïne. Nous prenons en charge des courtiers en Bourse qui viennent d'autres places financières importantes, comme Londres, confirme Danièle Zullino, chef du département de l'hôpital universitaire de Genève en charge des addictions (Le Matin Dimanche). Il est difficile de donner un chiffre, mais cela représente plusieurs dizaines de personnes par année.
Résister à la pression
La prise de cocaïne touche toutes les professions. Mais les métiers où la pression sur la performance est forte, comme la banque et les assurances, sont en effet particulièrement sujets à ce type de dépendance , poursuit Danièle Zullino. Selon elle, la cocaïne agit comme stimulateur et augmente la résistance à la fatigue. Cela permet à celui qui en consomme de travailler davantage. Mais cette drogue peut provoquer des troubles du rythme cardiaque, de l'hypertension, des spasmes ou de l'épilepsie.
Sans oublier le danger d'overdose. Certains tardent trop avant de demander de l'aide, comme ce directeur d'une firme d'investissement. Mort d'une surdose, il était dépressif à cause des pertes accumulées dans ses portefeuilles, rapporte le site Finance et Investissement.
Le monde de la finance est le reflet de ce monde sans état de droit, où tout est possible, dans un univers d'optimisme et de virtualité absolue ; un monde de compétition extrême sur tous les marchés du monde, en éveil 24 heures sur 24, explique pour sa part Jacques Attali, président de PlaNetFinance (L'Express.fr). Il est donc le cadre parfait de l'expression et de l'action des cocaïnomanes, somnambules euphoriques : pas étonnant qu'ils soient si nombreux dans les salles de marché, pas étonnant aussi que tant de risques y ont été pris.