Candidats, ne trichez pas !
Des diplômes inventés, des responsabilités antérieures exagérées, des dates falsifiées... Les candidats ne manquent pas d'imagination quand il s'agit de décrocher le job de leurs rêves. Une grande banque de la place a, ainsi, récemment dû se séparer d'un employé qui donnait pourtant entière satisfaction, car il avait revendiqué des diplômes financiers alors qu'il ne disposait que d'un diplôme... hôtelier. La confiance était rompue , a tranché la responsable des RH.
Chez les Big Four aussi, les surprises sont parfois au rendez-vous. Soit les gens oublient de mentionner qu'ils se sont faits licencier, ou alors la responsabilité de tel ou tel projet n'était en fait pas la leur, explique la Human Resource Manager de l'un deux. Ils utilisent beaucoup les ''on'' - on a fait, on a mis en place - mais il s'avère finalement qu'ils n'ont pas fait grand-chose. Cela se décèle rapidement en entretien et, dans ce cas, ils n'ont aucune chance de continuer le process .
10% de faux diplômes, 15% d'irrégularités
Pour aider les recruteurs - aussi bien les sociétés privées que les cabinets spécialisés - la société Doctor Chexs a été créée. Ses clients appartiennent majoritairement à l'industrie financière. Filiale indépendante du cabinet de recrutement Schneider Consulting, elle se consacre exclusivement à la vérification de parcours professionnels ou universitaires, des données personnelles de base (adresse, permis de travail, agréments...) ou des données comportementales, au travers plusieurs entretiens avec des anciens collègues, supérieurs hiérarchiques et responsables RH.
Tout se fait en parfaite transparence et en accord avec le candidat au recrutement. Ce qui n'empêche pas la mise à jour de ces exagérations ou fraudes. Environ 10% des candidats que nous avons contrôlés ont fourni un faux diplôme et on retrouve des irrégularités plus ou moins graves sur près de 15% des cas , indique Nicolas Hurlin, associé chez Schneider Consulting.