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OPINION : La banque, c'est pour les brutes

En 26 ans de carrière dans les services financiers, j'ai eu plus que ma part de rencontres de dictateurs et de tyrans mais aussi de managers carrément immatures et manquant d'assurance. Beaucoup d'entre eux sont arrivés à ce niveau simplement grâce à leurs contacts ou à leur ancienneté, la politesse et la confiance n'étant pas des valeurs refuges !

Personnellement, je travaille pour vivre, mais beaucoup de mes collègues vivent pour travailler. Pensez-vous vraiment avoir besoin de nouer une étroite relation sociale et amicale avec votre manager pour vous assurer de recevoir la rémunération optimale ? Ou pouvez-vous garder votre indépendance et votre respectabilité intactes, et atteindre le sommet sur la seule base de votre performance et de vos compétences techniques ? Ou suis-je simplement quelqu'un d'aigri et cynique qui aurait passé trop de temps à La City ?

Je ne peux pas me plaindre. J'ai fait du mieux que j'ai pu. J'ai eu une carrière couronnée de succès, évité les postes de management, et gagné mes galons grâce à un bilan P&L positif. Toutefois, j'ai eu moins de succès pour éviter certains des terribles managers qui officient à La City. L'un d'entre eux, qui comptait parmi la collection de supérieurs ineptes, s'est comporté en vrai tyran. Il m'a exclu de toutes les discussions d'affaires et réunions de bureau, en dépit de ma réussite professionnelle. Je ne peux que supposer que c'est parce que je ne rentrais pas dans le moule du collègue idéal : je n'avais pas la bonne origine ethnique, ni ne partageais les centres d'intérêt de mes collègues.

La plupart des gens ont peur de porter plainte en interne lorsqu'ils sont étiquetés négativement. La crainte de perdre un bonus discrétionnaire y est pour beaucoup. C'est pourquoi nous nous retrouvons dans un monde où règne la loi de la jungle, une culture perverse et néfaste dans laquelle la plupart des brimades et coups bas prospèrent. Faut-il espérer s'en sortir avec un minimum de dignité, ou bien avons-nous vendu notre âme au plus offrant en échange d'une vie de luxe, d'écoles privées, d'une assurance-vie et de la possibilité de regarder les autres de la tête aux pieds ?

* L'auteur est un trader fixed income dans une banque européenne.

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AUTEURAnonymous Insider Comment
  • jo
    john
    22 mars 2009

    c'est clair garder sa santé mentale, c'est aussi important que (bien) gagner sa vie mais on oublie cela sur le chemin.
    cela permet de garder sa femme, avoir du temps libre, elever correctement ses enfants, consacrer du temps à ses passions.
    le pouvoir et l'argent corrompent ... on peut aller loin sur ce chemin. Neron a bien brulé rome ... wait&see ;)

  • To
    Toto_a_Londres
    21 mars 2009

    ca fait du bien de lire de tels commentaires sur le monde de la finance. Je suis 100% d'accord avec ce que j'ai pu lire jusqu'a l'instant. Fier de vouloir faire du bon travail (de qualité), je me suis battu et j'ai évite de rentrer dans tous jeux politiques sournois et j'en ai paye le prix capital : je me suis fait dégage. dur dur.... J'espère pouvoir me revendre sur la base de mes compétences, mais clairement les bonus c est pas pour les meilleurs. Les chefs veulent des lèches culs pas super bons qu'ils pourront toujours flinguer sur la base de leurs compétences s'ils commencent a poser problèmes. Je préférai travailler dans un milieu plus sain quitte a gagner un peu moins, car au final la sante mentale conditionne vraiment la réussite. Je pense qu'il faut chercher l épanouissement avant la réussite qui n'est qu'une conséquence directe quand on est bien la ou on est. Courage a vous tous

  • ét
    étranger
    19 mars 2009

    Le problème en France est que les français croient qu'il y a une correlation entre capacités mathématiques et fils à papa et le management ; Il y a plutôt une correlation négative!
    Un geek ne sait pas manager tout simplement et un fils à papa est trop égoïste.

  • Ja
    Jazzmen
    19 mars 2009

    Bonjour,

    Je suis halluciné, vous découvrez la vie en entreprise ?
    C'est ainsi que se passe le monde du travail, ce n'est pas un monde de fées et de clochettes. Allez travailler dans l'industrie, c'est pire !
    En 8 ans d'expérience en Risk Management en Banque (au sens large), j'ai essuyé menaces, coups bas, mise sur la touche, proposition de poste pour faire tomber le patron de la structure (proposition à laquelle j'ai refusée de répondre); hé bien oui c'est dur, mais ma devise est celle-ci :
    éthique, professionnalisme, se faire respecter (on ne me marche pas dessus), et loi du talion (un coup rendu pour un coup donné).

    A cela j'ajoute : ne pas tout donner/miser au travail et ainsi avoir une vie personnelle (famille, culture, loisirs) épanouie car c'est LA priorité ...

  • Jo
    Joseph de Paris
    19 mars 2009

    en finance, les managers ne distribuent pas les bonus en fonction de la compétence du collaborateur mais par la performance de lèche de leurs subordonnés.
    Je suis écoeurée de voir que tout le monde sait comment ça se passe mais que personne ne fait rien (par exemple les Ressources Humaines).
    Il faudrait changer la loi des bonus car celle que nous connaissons découragent les meilleurs éléments.
    Et la conséquence de tout ceci: c'est la crise que nous vivons en ce moment: une crise de confiance.

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