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Les banquiers privés suisses traversent une période difficile

L’Association des Banquiers Privés Suisses (ABPS), qui tenait le 12 janvier 2012 à Berne sa conférence de presse annuelle, estime que l’économie suisse en général et les banques en particulier se trouvent aujourd’hui dans un contexte « peut-être le plus difficile depuis des décennies ». Pour preuve, les places financières de Zurich et Genève ont respectivement reculé aux 8e et 13e rangs mondiaux des centres financiers alors qu’elles occupaient encore les 6e et 9e places en 2009.

Les raisons de cette situation ? La conjoncture (crise de la dette, de l’euro…) mais également des changements structurels qui pénalisent fortement la gestion de fortune. « Nous sommes confrontés à une difficulté croissante d’accès aux marchés et à une montée du protectionnisme à travers des règles de plus en plus strictes sur la protection des investisseurs, déplore Nicolas Pictet, président de l’ABPS, qui n’entend cependant pas tomber dans la sinistrose. Nous, les banquiers privés, sommes confiants en l’avenir. Nous sommes confiants dans notre modèle d’affaires. Indéfiniment responsables, spécialisés, focalisés sur une valeur ajoutée à long terme pour nos clients. Nous offrons une alternative unique dans le paysage bancaire d’aujourd’hui ».

Des affaires qui entachent la profession

« De grâce qu’on évite de pénaliser l’ensemble d’une profession qui rend service à ses clients pour les errements de quelques-uns », poursuit l’associé de chez Pictet & Cie. Une remarque loin d’être superflue vis à vis d’une profession qui, déjà fortement ébranlée par la démission de Philipp Hildebrand, le président de la Banque Nationale Suisse, subit actuellement de plein fouet l’affaire Wegelin & Co où trois banquiers sont incriminés par un tribunal de New York pour avoir aidé des contribuables américains à échapper au fisc.

« J’aimerais rendre hommage à la clairvoyance et au courage dont Philipp Hildebrand a fait preuve dans la reconnaissance rapide de sa faute morale», explique Nicolas Pictet (Le Temps.ch). Par contre, au nom de la présomption d’innocence, aucun commentaire n’a filtré sur l’affaire Wegelin. Le banquier genevois a simplement rappelé que « les banques suisses ont pris conscience qu’il ne suffit pas d’agir en conformité avec le droit suisse mais qu’il faut aussi respecter le droit étranger dans certains domaines et en certaines circonstances. C’est la raison pour laquelle les banques et les membres de notre association notamment, sont équipées de manuels transfrontaliers qui consignent les règles à respecter ». Voici donc prévenus les banquiers privés suisses qui travaillent ou souhaitent partir travailler à l’étranger…

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