Le coup de pied dans la fourmilière de cet analyst de 23 ans chez Goldman : « je suis fauché »
Parlons de Zion Glover… À 23 ans, cet ancien analyst de Goldman Sachs va mal.
D’après ses données enregistrées auprès de la FINRA, il travaille toujours pour Goldman Sachs à New York, mais dans un post publié le 21 juillet sur LinkedIn, il explique avoir démissionné après avoir vu chez Goldman des choses qui « briseraient la plupart des gens ». Il affirme qu’il n’a aujourd’hui plus d’argent et risque d’être expulsé de son appartement : « Je suis fauché. »
Zion Glover confie avoir travaillé chez Goldman sous les ordres d’un vice president (VP) qui « nous poussait à bout : 40 heures d’affilée. Des tâches assignées à minuit pour un rendu à 9 h du matin. » Il ajoute s’être vu refuser tout temps de récupération et avoir été « puni » pour avoir eu besoin de temps afin de retourner au bureau après être rentré chez lui. Il dit avoir signalé ces exigences excessives, « une fois. Deux fois. Trois fois. »
Zion Glover raconte aussi avoir, durant son stage, vu un stagiaire être victime d’une crise d’épilepsie, et laisse entendre qu’une autre stagiaire, qui avait signalé ses difficultés avant la crise, n’a reçu aucune offre de retour – alors que la banque avait été avertie sur ce point.
D’aucuns sont préoccupés par la santé mentale de Zion Glover. D’après le compte Instagram Litquidity, il aurait quitté son poste de manière inattendue à l’issue d’une semaine de congé pour cause de burn-out, et son équipe serait très inquiète. Zion Glover n’a toutefois rien confirmé.
Sa volonté de s’exprimer suscite également l’admiration. Zion Glover travaillait dans les équipes santé et TMT (technologies, médias et télécoms) chez Goldman – connues pour être parmi les plus exigeantes : c’est justement l’équipe TMT qui avait produit en 2021 une présentation qui dénonçait les semaines de 100 heures. Après cette présentation, Goldman Sachs et d’autres banques avaient pris des mesures pour contrôler et réduire le temps de travail de leurs employés. Mais les récriminations perdurent quant à la surcharge de travail des banquiers juniors : chez Bank of America, Leo Lukenas, alors associate, est décédé l’an dernier d’une crise cardiaque ; BofA a affirmé qu’il ne travaillait pas 120 heures par semaine, mais des voix se sont ensuite élevées pour épingler le manque de rigueur du système de contrôle des temps de travail au sein de la banque.
Goldman Sachs a déclaré : « Nous sommes en profond désaccord avec ce post, mais par respect pour la vie privée de nos employés, nous nous abstiendrons de tout autre commentaire. La santé et la sécurité de nos collaborateurs sont une priorité absolue pour notre entreprise. »
Le post de Zion Glover a gagné le soutien d’autres jeunes banquiers. Jusqu’à sa démission surprise et la publication de ses mésaventures au sein de la banque, Zion Glover semble avoir été un employé modèle. Ses précédents posts sur LinkedIn évoquaient des opportunités « enthousiasmantes » pour les juniors désireux de travailler chez Goldman Sachs.
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