Les débauches d'équipes et leurs déboires
Les banques privées suisses et du Liechtenstein, qui souhaitent se développer à l'étranger, peinent à trouver le personnel adéquat. A tel point que lorsqu'elles trouvent les perles rares, elles choisissent de les embaucher en bloc, au nez de leurs concurrents.
La banque LGT (Liechtenstein Global Trust), voulait se renforcer en Allemagne et ouvrir ainsi une 6ème filiale. Elle vient d'annoncer que ce sera à Mannheim, une ville industrielle du Palatinat, où sont implantées de grosses entreprises chimiques, et peu connue pour la richesse de ses habitants. C'est un endroit inattendu, nous le savons, mais la raison est simple, nous avons débauché là-bas une équipe de 24 banquiers travaillant déjà sur place , a déclaré le prince Max von und zu Liechtenstein, qui dirige la banque princière. En l'occurrence, toutes ces recrues travaillaient pour HypoVereinsbank.
Il ne s'agit pas d'un exemple isolé. Le Credit Suisse vient de souffler à sa grande rivale UBS, le numéro 1 mondial de la gestion de fortune, une équipe de 12 banquiers pour renforcer son implantation au Mexique, un marché porteur en matière de gestion de fortune.
Le succès n'est pas toujours garanti
L'UBS a aussi dû accepter le départ collectif de 6 banquiers qui vont rejoindre l'équipe concurrente de Golman Sachs à Singapour. Toujours à Singapour, 18 banquiers privés ont quitté récemment Citigroup pour rejoindre les rangs de la Deustche Bank.
De tels mouvements ne sont pas rares, car le marché est très tendu , nous a confié Claudio G. Lupi, partenaire-associé du cabinet de recrutement Boyden, à Zurich. Selon lui, l'opération reste cependant périlleuse, car de nombreuses conditions doivent être réunies pour que cela marche . L'équipe doit rapidement se trouver sur la même longueur d'onde que le nouvel employeur et la culture de la nouvelle société. Sans quoi la coopération avec les effectifs existants risque d'échouer.
La banque suisse Vontobel en a fait les frais récemment. Elle avait embauché en novembre dernier une équipe d'analystes venant de la banque LODH (Lombard Odier Darier Hentsch). L'osmose attendue ne s'est pas faite, et un tiers de l'équipe a déjà démissionné.