OPINION : Vive les femmes traders

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Dans les salles de marchés que j'ai fréquentées et dans celles que j'ai dirigées, il y a peu de femmes. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi. Pendant longtemps, les seules femmes qu'on y voyait étaient des petites mains... Le trading est un univers de machos. Et j'ai connu beaucoup de filles de qualité qui n'ont pas supporté la pression. Non la pression des marchés, mais la pression exercée par tous ces animaux enfermés quatorze heures par jour dans une cage et prêts au pire pour se défouler.

J'ai trouvé une autre explication dans un rapport publié par l'université de Cambridge. Un compte rendu de travaux de recherches sur le trading.

Pour être un bon trader, il faut... de la testostérone ! Des tests ont été réalisés sur dix-sept traders de la City : prélèvement de salive le matin à 11 heures et l'après-midi à 16 heures pendant huit jours ouvrés consécutifs, huit jours riches en statistiques économiques américaines et donc propices à de forts mouvements de marché. Les résultats ont mis en lumière l'importance de deux hormones dans le métabolisme des personnes observées : la testostérone et le cortisol. Les traders qui ont la plus forte concentration de testostérone sont ceux qui réalisent de meilleures performances boursières. Par contre, le cortisol est produit sous l'effet du stress par les glandes surrénales. Un taux élevé de cortisol signale une crainte des incertitudes.

En première lecture donc, le trading est une affaire de testostérone, hormone produite par... les testicules. Mais pas sur la durée !

Pourrait-on doper les traders comme on dope certains sportifs ? Pourrait-on leur injecter de la testostérone pour leur faire accroître leurs gains ? Que nenni ! Une forte dose de testostérone, au contraire, développe l'agressivité, et une accoutumance pourrait provoquer une dépendance à la prise de risque et une impulsivité échappant à tout contrôle... L'étude préconise, au contraire, de se tourner vers des traders moins sensibles aux emballements boursiers , ceux dont les poussées de testostérone et de cortisol sont les moins fortes : les hommes d'âge mûr et les femmes ! L'avenir du trading est comme l'avenir du monde : il est aux femmes.

Cela ne m'étonne pas. Les femmes ont le recul nécessaire pour prendre les bonnes décisions de trading au bon moment. Et elles ne comparent pas la taille de leurs positions comme les sportifs la taille de leur engin dans les vestiaires. Vive les femmes traders.

Après avoir dirigé pendant quinze ans des banques d'affaires américaines en Europe, il a créé sa propre société de Bourse en 1999 et un site de conseil en investissement financier en 2007. Un trader ne meurt jamais, dont est tiré cet extrait, est son premier roman, publié en 2009 chez Robert Laffont.

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