Quand les traders anglo-saxons lorgnent sur Paris
Les banques américaines étant dans l'impossibilité, sur le plan légal, de casser les contrats prévoyant les versements de bonus, la Chambre des représentants a trouvé la parade en créant un impôt confiscatoire, qui imposera désormais à hauteur de 90 % les bonus accordés aux salariés des groupes ayant reçu des aides publiques (La Tribune.fr). On imagine l'émoi dans le secteur financier, puisque certains parlent de chasse aux sorcières et de néo-maccarthisme. Et de proférer une menace qui fait trembler : les traders et les banquiers américains iront vendre leur talent en des terres moins hostiles. Menace crédible ? , s'interrogent deux économistes sur leur blog.
Difficile de savoir si les traders anglo-saxons vont venir goûter aux joies des bonus versés en euros. En revanche, des traders et des gérants français partis à New York ou à Londres reviennent à Paris , se réjouit Arnaud de Bresson, délégué général d'Europlace, l'organisme de développement et de promotion de la place financière parisienne (Courrier Cadres). Nous recevons davantage de candidatures spontanées, notamment de financiers qui reviennent de Londres ou de New York , confirme Olivier Johanet, président de la Française des Placements Investissements (L'Agefi.fr).
La concurrence est ouverte
Pourtant, dans l'Hexagone, des voix se font entendre sur la moralisation des rémunérations des traders. La solution la plus simple passerait par une taxation, préconise Nicolas Cori, journaliste au service Économie de Libération.fr. Et faire comme Obama : une taxe "confiscatoire" à 95 % sur tous les bonus exceptionnels. Mais allez dire cela au président de la République qui s'accroche à son bouclier fiscal...
Qui plus est, les premiers concernés ne l'entendent pas de cette oreille. Il ne faut pas créer d'insécurité au niveau des contrats de travail des cadres, explique Georges Pauget, directeur général de Crédit Agricole SA (Le Parisien.fr), avant d'ajouter, à propos des risques de délocalisation des entreprises concernées : c'est très facile d'aller s'installer à Londres, par exemple. Les taxes confiscatoires n'y sont que de 45 %. La concurrence entre places financières pour attirer les meilleurs traders ne fait donc que commencer...