Cette associate française dans une banque se confie sur sa grossesse : « le stress m’a provoqué des contractions»
Comment gérer un poste exigeant lorsqu’on est junior dans les services financiers et que l’on est de surcroît enceinte ? Une associate d’une « boutique d’investissement » à Paris a posé cette question sur Instagram après avoir été mise en arrêt maladie pour cause de contractions.
La question a été publiée sur un compte Instagram destiné aux femmes associates en M&A, géré par une banquière européenne en M&A, anonyme et sans doute déjà vice president.
La personne qui a partagé cette expérience (elle aussi anonyme, et qui n’est pas la détentrice du compte) explique qu'elle a découvert sa grossesse il y a un an, juste avant d’être promue associate. « Le premier trimestre a été compliqué, car je n’ai rien dit et j’ai dû gérer la fatigue et les nausées, » raconte-t-elle. Le télétravail n'était pas bien vu.
Au deuxième trimestre, elle annonce sa grossesse à son équipe. Toujours pas d’autorisation de télétravailler, mais au moins certaines tâches lui ont été retirées, et elle a été affectée « principalement aux pitchs ». Pourtant, c’était encore trop lourd – elle a fini par avoir des contractions et a dû se mettre en arrêt maladie. Elle est maintenant dans son troisième trimestre et n’est pas retournée au bureau depuis.
La question se pose donc : est-il vraiment possible d'occuper un poste exigeant dans les services financiers pendant une grossesse ? Selon une managing director en poste dans une boutique à Londres, la réponse est oui, mais il faut savoir s’y prendre.
« Il est préférable de fonder une famille quand on est encore junior, » dit-elle. « À ce niveau de carrière, vous êtes encore « interchangeable » et il y a moyen d’être intégrée à des deals. Les gens sont compatissants et compréhensifs, et ce n’est pas grave de prendre un deal de moins ou de travailler avec plus de flexibilité à certains moments. » Elle précise toutefois qu’il devient plus difficile de se ménager du temps à mesure que l’on monte en grade. Et donc aussi plus compliqué de tomber enceinte.
Cette MD ajoute attendre tout de même de ses collaboratrices enceintes qu’elles fassent leur travail. On ne parle pas là des heures travaillées, mais des objectifs à tenir. D’après elle, la pire chose pour une banquière junior enceinte serait de « faire un drame » de sa condition. « Soyez heureuse et positive, et assurez tout le monde que vous pouvez gérer. Ne faites pas de la grossesse une excuse pour ne pas travailler, et après la naissance, ne prenez pas votre bébé comme prétexte pour terminer plus tôt. » Cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas partir plus tôt ou poser des limites au travail. Mais si vous évoquez trop souvent le bébé ou l’enfant, « les cadres supérieurs penseront qu’il n’y aucun intérêt à investir en vous. »
Tout le monde ne partage pas cet avis. Une junior en hedge fund estime que tout cela n’a pas d’importance quand on est banquière et enceinte en France. « Le code du travail est tellement strict que tout ce que vous avez à faire, c’est prendre un congé maladie, et ils ne pourront rien contre vous, » conseille-t-elle.
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